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| Actualités > 2007 > Élections locales : ce que veulent les cyclistes franciliens |
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Le vélo est le moyen le plus efficace de se déplacer en ville sans ajouter à la pollution ambiante qui est, chacun le sait, essentiellement due aux transports motorisés. MDB milite depuis plus de trente ans pour que cette évidence soit reconnue, et continuera à le faire de façon constructive, quelle que soit l'appartenance politique des élus.
La politique d'aménagements cyclables a été menée depuis plus de dix ans, de manière malheureusement inégale dans notre région. Dans notre pratique quotidienne, nous pouvons constater l'effet extrêmement important des aménagements créés sur le développement de la pratique du vélo. C’est pourquoi le premier vœu que nous émettons est que chaque collectivité locale poursuive et amplifie l’effort dans ce sens et que l.es associations de cyclistes soient associées à tous les stades de réalisation d’un projet d’aménagement.
Il n'est que de voir la différence de population cycliste entre les secteurs aménagés et ceux qui ne le sont pas.
Ces aménagements, quelle que soit leur qualité, présentent un double intérêt :
Le traitement des « points durs » doit être une priorité. Parmi ceux-ci, les nœuds autoroutiers, ponts, fleuves, portes de Paris représentent souvent des obstacles difficilement franchissables par les cyclistes non aguerris. Les grandes places et carrefours importants sont également souvent décourageants..
Dans la poursuite d’une politique d’aménagements, il faut maintenant privilégier la continuité des itinéraires et, dans la mesure du possible, leur homogénéité. Cela seul permettra d’offrir de vrais axes de déplacement dans l’agglomération, au-delà du quartier.
Pour plus d’efficacité et de sécurité, il nous paraît indispensable de :
Rappelons enfin que pour MDB, la place nécessaire aux aménagements cyclables à créer doit être gagnée sur l’espace dévolu à la circulation motorisée, et pas au détriment des espaces piétons.
Une fois ces aménagements créés, il faut les entretenir. Les éclats de verre ou débris végétaux qui crèvent les pneus, les feuilles qui glissent et masquent les trous, les nids-de-poule, le revêtement qui part en lambeaux, les interruptions de pistes liées aux travaux, les végétaux non élagués qui empiètent sur les pistes… sont autant de désagréments face auxquels il faut intervenir en priorité.
Le « code de la rue » est une évolution des règles de circulation en ville du code de la route en cours depuis plusieurs années en Belgique mais auquel nous commençons seulement à penser en France, sous l’impulsion du Club des villes cyclables et de la Fubicy. MDB est mobilisé sur ce thème et participe à l’élaboration de ce nouvel outil réglementaire.
Sans attendre, le code de la route et le code général des collectivités territoriales accordent aux autorités locales des pouvoirs importants en matière de réglementation des déplacements. (notamment les articles, R415-15, R411-3, R411-4 et R431-9 du code de la route, et les articles L2213-1 et L2213-2 du code général des collectivités territoriales).
Les initiatives des élus peuvent donc être déterminantes : chacun peut constater que des « aménagements » des plus efficaces sont parfois obtenus sans investissements importants.
La généralisation au sein de tous les quartiers tranquilles de contresens cyclables sans aménagement est une mesure emblématique. Facile à mettre en œuvre et économique, elle décuple les possibilités d'itinéraires et reconnaît la nature particulière du cycliste parmi les usagers de la voirie.
Cette mesure peut et doit se développer, pour accompagner l’instauration du « code de la rue ».
Dans l’attente d’une généralisation au niveau national, la multiplication des contresens cyclables peut se faire à une grande échelle et être accompagnée d’un système de signalisation spécifique permettant de guider les cyclistes, et d’un gros effort de communication de la part des élus, afin de faciliter la compréhension des autres usagers.
Les responsabilités des élus vis-à-vis des établissements d'enseignement sont importantes. Il existe de nombreuses pistes pour favoriser la prise en compte du vélo par les jeunes et leurs parents : activités au sein des centres aérés, fourniture de vélos et d'équipements adaptés, sorties en petits groupes en lien avec des acteurs de la sécurité routière ou encadrées par des parents volontaires, organisation de vélobus, etc.
L'apprentissage du vélo et de la circulation urbaine fait partie des apprentissages fondamentaux pour les jeunes citadins.
Une politique volontariste ne saurait se passer d'un support fort de communication. Celle-ci doit évidemment porter sur les aménagements ou sur les modifications réglementaires ; contresens cyclables, code de la rue, règles mal connues – que ce soit par les automobilistes (distances de dépassement, priorités) ou par les cyclistes (circulation sur trottoir, validité pour les cycles des feux piétons sur les voies traversantes…). De même, les agents des services (propreté, voirie, police, espaces verts) doivent être incités à tenir compte des vélos dans leurs activités professionnelles. MDB est prêt à s'associer à la définition d'une formation sur ce sujet
Une politique volontariste doit également s’appuyer sur les moyens de la ville pour mettre au premier plan des événements tels que la fête du vélo, la semaine de la mobilité, les salons du cycle, les bourses aux vélos, etc. Pour cela, il faut que les innombrables obstacles administratifs qui président à toutes ces manifestations soient levés et que les moyens des services de la communication soient mis en œuvre à une échelle suffisante.
Pour amener les citoyens à bouleverser leur mode habituel de transport, il faut que les leaders d'opinion, et en particulier les élus, donnent l’exemple en utilisant le vélo pour leurs déplacements.
Une fois les usagers passés au vélo, il faut qu'ils puissent bénéficier d'un système propre d'information ; nous demandons que soient imaginés sur les principaux aménagements cyclables des panneaux d'affichage ou autres systèmes d'information spécifiques (panneaux à messages variables, système de type RDS, etc.). Les associations « reconnues » pourraient ainsi profiter de ces systèmes pour faire passer leurs messages.
Une communication spécifique doit également être menée avec les professionnels de la santé pour valoriser les bienfaits d'une pratique quotidienne dans la lutte contre l'obésité et la sédentarité. Un travail dans ce sens devrait être entrepris auprès des services de santé.
Enfin, que ce soit à l'attention des policiers ou des usagers, les collectivités locales doivent mettre tout leur poids dans le développement de l'information sur les avantages du système de gravage mis au point par la FUBicy, qui permet aux forces de l'ordre d'entrer en contact avec le propriétaire d'un vélo retrouvé sur la voie publique.
La densité d’implantation des vélocistes est un gage de confort pour les cyclistes. Aider à l'installation de nouveaux magasins de services, en réservant des emplacements sur la voirie, favoriser l'apprentissage de la réparation des vélos (préparation des CAP et BEP) sont encore des actions que les villes, les départements et la région peuvent et doivent mener.
Au-delà de ces aspects professionnels, le recours au tiers secteur est une piste à suivre : soutien aux associations, créations de maisons du vélo…
Apprendre à conduire son vélo en ville, apprendre à l’entretenir, le faire graver, le garer dans la journée, découvrir des itinéraires, organiser des bus cyclistes (un trajet fixe encadré par un bénévole avec des horaires précis pour les arrêts), faire découvrir la ville à vélo en lien avec le service des affaires culturelles, assurer un service de courses... les idées ne manquent pas qui peuvent multiplier les services tout en créant de l'emploi, voire développer les systèmes d'insertion professionnelle.
MDB et ses antennes sont prêts à s'engager dans ces directions mais il leur faut pour cela un appui politique fort.
Le développement des liens entre Paris et la banlieue, mais aussi des liaisons de banlieue à banlieue, constitue un axe politique majeur.
Nous demandons que les itinéraires concernant plusieurs collectivités puissent être pris en charge et gérés par une collectivité de niveau supérieur.
Continuité des aménagements, aussi bien de jour comme de nuit et en toutes saisons, cofinancement de parcs de rabattement sur les gares et RER... : ces pistes d'action exigent une prise en compte extra communale. L'intermodalité, en particulier le développement des systèmes "train + vélo", trouve ici tout son sens.
C’est d’une politique ambitieuse que nous avons besoin pour développer l’usage du vélo comme moyen de transport urbain efficace et non polluant : une politique qui ne se contente pas d’aménager la voirie, mais qui intervient dans l’économie, l'urbanisme, l'éducation et la communication.
Il nous paraît donc indispensable que les interlocuteurs vélos et leurs équipes soient placés directement sous l'autorité du maire ou du président de la collectivité locale, et non pas relégués au fond d'un service ou d'une direction particulière. Le maire ou les présidents sont les seuls élus qui peuvent, dans les collectivités, coordonner l'action de plusieurs de leurs adjoints pour faire naître les synergies.
MDB
et ses antennes souhaitent contribuer à ces transformations,
en développant avec les collectivités, des services aux
cyclistes : l'apprentissage, la découverte de la ville, le
gravage, l'animation...
Nous
voulons continuer à être des interlocuteurs ouverts mais
incontournables de nos élus. C’est donc en toute
indépendance que nous leur posons ces questions, et que nous
serons attentifs à leur réponse.
Septembre 2007